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samedi 26 août 2006

Autant en emporte le bonze (9)

Ne perdons pas de vue que : 1) SĂ®nziana a lĂ©gèrement forcĂ© sur le dĂ©doublement tantrique, 2) son mari est enfermĂ© dans la salle de bain avec Deux, 3) tout ce bordel ça commence Ă  bien faire.

Quand nous déboulâmes dans la chambre, nous vîmes un épouvantable bain de sang traversé de cris de terreur. L'intelligence en bandoulière, nous supputâmes vivement que Trois avait tenté de s'échapper en brisant la porte de l'armoire. Laquelle armoire avait basculé, écrasant Quatre, Cinq et mon pauvre lit conjugal. Les deux malheureuses femmes hurlaient à pleines bronches, brandissant leurs membres brisés dont la chute de l'armoire avait salement sectionné liens et vaisseaux sanguins. Quant à Trois la malencontreuse, elle s'était empalée sur la tringle de la penderie qui lui avait, semble-t-il, mais là il faudrait l'avis d'un vrai spécialiste, perforé le foie et peut-être également la rate. Et, dans sa souffrance atroce, elle bavait et déchirait de ses ongles à peine présentables les lèvres de la blessure, au risque de causer une infection bien plus dangereuse qu'une attaque de scarlatine.

? Alors là ! fîtes-vous, mon Lama. Y a pas trente six solutions. Les Limbes.

? Les quoi ? vagis-je abasourdie.

? Sans entrer dans les détails, m'dame Sînziana, les Limbes ça correspond à un niveau d'existence inférieur au nôtre. C'est là que je vais les envoyer. Dailleurs, si je peux me permettre, c'est de là que vous les avez sorties, vos copies.

? Moi ? vagis-je pantoise.

? Tout existe, là-bas, vous comprenez. Tout. C'est une sorte de magasin de pièces détachées de l'Elan Universel et Cosmique Au Beurre De Yack. Poussez-vous un peu et accrochez-vous à quelque chose, ça va secouer !

Et courageusement, debout au milieu de ce chaos, vous prononçâtes vos mots imprononçables, agitâtes vos petites mains comme GĂ©rard Majax, lâchâtes vos bulles jaunes par les naseaux. Ensuite, vous joignĂ®tes les mains et il me parut que vous priiez. Priâtes-vous ? Toujours est-il qu'un grand vent se leva dans la chambre oĂą un tourbillon ne tarda pas Ă  se former. Tout fut irrĂ©sistiblement emportĂ© : draps, dĂ©bris d'armoire, filets de sang vermeil et membres humains broyĂ©s.

Puis, le vent chut. Vous tremblâtes et haletâtes :

? Besoin de reprendre... des forces... Je fais un tour aux putes et je reviens...

? Où ?! vagis-je effondrée.

? A Lhassa, bredouillâtes-vous tandis que vous deveniez déjà transparent, en commençant par la robe et les sous-vêtements. A Lhassa... J'en ai pour... une minute... Y a un bordel extra... Grande source d'énergie karmique... Vous devriez...

Et vous disparûtes le plus totalement du monde.

J'étais alors si tendue qu'un pet m'échappa et me fit sursauter. Je rougis. Puis blémis. Quelqu'un m'avait-il entendue ? Je prêtai l'oreille.

L'appartement était baigné de muette solitude.

Soudain, un rire me cailla le sang.

A suivre?



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vendredi 25 août 2006

On gave les femmes

en Mauritanie. Vu dans Courrier international (mais aussi chez Fluctuat pour les gens comme moi, qui ont de plus en plus de mal Ă  lire des trucs en papier).

On gave les femmes lĂ -bas comme nous les oies ici, si vous voyez. J'espère que c'est une nouvelle qui vous fait marrer. Moi oui.

Quand je dis "on", ça signifie les mecs. Là-bas, les mecs (de gros lourdauds, comme partout) estiment qu'une épouse (voire plusieurs) obèse c'est plus joli pour mettre à côté de la télé. Alors (mais faut les prendre toutes petites, avant qu'elles se rendent compte et deviennent potentiellement rebelles) ils les obligent (à coups de torgnoles) à avaler toute la sainte journée des trucs hypernourrissant jusqu'à ce qu'elles attrapent les (minimum) cinquante kilos excédentaires qu'elles ne réussiront plus jamais à perdre.

C'est chouette, non ?

Délicieusement barbare.

En Occident, comme toujours, on est beaucoup plus raffiné : les femmes s'engraissent toutes seules. Il suffit juste de leur mettre à disposition les pâtisseries, les boissons sucrées, les pizzas dégoulinantes d'huile, on fait un peu de pub et paf ! elles se jettent dessus sans qu'on ait besoin de les cogner. Vous me direz mais chez nous les mecs court pas après les femmes obèses. Je vous répondrai que, d'abord, le verbe s'accordant avec le sujet, il faut naturellement écrire "courent" et non "court", bande d'analphabètes. Sinon, c'est vrai : l'Occidental moyen ne raffole pas des surpondérées. C'est pourquoi, après s'être gavée de hamburgers, des milk-shakes et de quiches lorraines, elle (ladite surpondérée) se verra proposer (à prix d'or) un grand choix de produits diététiques et autres prestations liposucciaires.

Que ce soit à Paris ou à Nouakchott (Mauritanie), l'objectif poursuivi par la Conspiration Masculine (COMAS) est le même : pendant qu'elle est occupée à maigrir (ou à grossir), une femme ne fait pas de bêtises.



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jeudi 24 août 2006

Le nombre d'hommes

qui sont passĂ©s entre les genoux de ma soeur est proprement surnaturel

cosmique

petite je collais l'oreille à son bas-ventre et j'écoutais

les battements de son coeur croyait-elle

voire les inénarrables gargouillis de son méandre intestinal

et c'était vrai

mais pas seulement

parfois

quand le vent du nord se taisait

quand j'étais d'humeur épique, le sang vachard

quand la vaisselle était faite et bien faite et la mousse tassée

alors parfois

mais pas toujours

imprévisiblement

au milieu des bruits infâmes je percevais comme un sifflement lointain

si lointain !

presque l'appel d'un autre monde

un sifflement pour moi seule

et qui n'existait peut-être que lorsque j'écoutais

le ressac

remémoré par les parois de son con

l'écho des litres et des litres de sperme qui s'y étaient déversés

rien que d'y penser

encore aujourd'hui j'en ai le souffle moite, les pensées qui ralentissent

la respiration qui devient droite et sans heurt

le corps vit de la paix de la bĂŞte

torpeur

veille minimale des organe et

en secret

l'inimaginable métamorphose, la force perdue qui revient

nourrie

juste par la nĂ©gation : non-prĂ©sence

non-mouvement, non-souvenir

ma soeur

d'un paradis endormi



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mercredi 23 août 2006

Les Allemands tuent des Juifs

avec leurs gaz tandis que les Juifs tuent des Arabes Ă  coups de roquettes.

C'est pas la mĂŞme chose.

Du tout. 

Bon.

Pendant que les Allemands trucident des Juifs et les Juifs des Arabes, les Arabes, eux, pulvérisent des Occidentaux au moyen d'avions, de voitures piégées, de ceintures d'explosifs etc.

Autre civilisation, autres moeurs.

C'est ce que nous enseigne l'Histoire et ça ne se discute pas.

Mais ce n'est pas tout.

Pendant que les Allemands massacrent des Juifs, les Juifs des Arabes et les Arabes des Occidentaux, les Occidentaux, eux, butent un peu tout le monde par la faim, la misère, le FMI, la tiers-mondisation...

Soit, soit.

C'est pas grave.

Tout ça, c'est pas grave.

Les petites différences culturelles n'ont jamais empêché l'amitié entre les peuples.

N'oublions pas qu'au bout du compte, un Nazi qui assassine un Juif, ce n'est jamais qu'un agrégat d'atomes provocant la dissociation à peine prématurée d'un autre agrégat d'atomes, fort peu différent du permier.

Et vous remarquerez qu'un Juif qui assassine un Nazi, c'est exactement la même chose. En moins fréquent.

Cessons donc les controverses stériles.



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mardi 22 août 2006

La merde de zèbre

sort avec des rayures, comme le dentifrice.

La preuve.



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